La Couronne a déposé
vendredi matin trois nouvelles accusations contre Pierre Defoy,
soupçonné d'avoir enlevé un garçon de 8
ans, mardi à Lévis. Pierre Defoy doit maintenant
répondre à des accusations d'agression sexuelle
causant des lésions, d'incitation sexuelle sur un enfant de
moins de 14 ans et de voies de fait graves.
Pierre Defoy
L'homme,
âgé de 50 ans, a déjà comparu sous des
chefs d'enlèvement et séquestration cette semaine,
à la suite des événements survenus mardi
soir.
L'accusé, qui
a brièvement comparu vendredi matin, devait revenir devant
le tribunal pour son enquête sur remise en liberté.
Celle-ci a toutefois été reportée. La
présence de Pierre Defoy a néanmoins causé le
tumulte au palais de justice où se sont rassemblés de
nombreux curieux. L'homme a aussi été hué et
injurié par d'autres détenus qui devaient
comparaître devant le juge le même jour.
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Au cours des
prochaines semaines, l'accusé sera détenu au centre
hospitalier Robert-Giffard où il subira un examen
psychiatrique, notamment pour déterminer s'il est apte
à subir un procès. Pierre Defoy sera de retour devant
le tribunal le 22 août prochain.
Pendant ce temps,
l'enquête se poursuit. La procureure de la Couronne, Me
Valérie Lahaie, a indiqué qu'elle n'avait pas encore
en main tous les éléments de preuve pour
déterminer si d'autres accusations seront portées. La
procureure de la Couronne a indiqué que la
possibilité de porter une accusation de tentative de meurtre
était examinée.
L'enfant a été tiré vivant d'un
ancien réservoir de mazout
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Par ailleurs, la procureure a mentionné que le
garçonnet avait reçu son congé de
l'hôpital jeudi après-midi. Par la voix de l'avocate
de la Couronne, la mère du jeune garçon a tenu
à remercier les policiers, la population et le personnel
soignant qui s'est occupé de son fils
depuis les tristes événements. Elle dit
ressentir un fort appui du public dans cette histoire et que cela
lui apporte beaucoup de réconfort.
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Encore une fois la terreur sonne
aux portes blanches du Québec
Ce monsieur ? Si on peut
l’appeler Pierre Defoy ?
Mais si Plutôt on
le nomme : le voleur d’enfants !!
Au Québec, selon les statistiques, de 2 à 5
% des agresseurs sexuels seraient des femmes. Mais cette proportion
pourrait être deux, ou même trois fois plus importante,
si les coupables étaient toutes dénoncées.
Trop souvent, les victimes ne dénoncent pas cette amie de la
famille, cette tante, cette cousine ou le plus souvent, leur propre
mère. Mais tout peut changer. Les tabous tombent et les
femmes agresseurs ne sont plus à l'abri.
Quand il avait 9 ans, Jean*
s'est fait heurter par une voiture. Fractures multiples,
traumatisme crânien, il a passé un mois dans le coma.
Mais quand il repense à cet événement, 20 ans
plus tard, Jean ne pense pas qu'il a été victime d'un
accident. Il voulait vraiment
mourir.
À cause du traumatisme crânien, le souvenir
de son enfance jusqu'à l'accident lui apparaît comme
des flashs un peu flous. Il a grandi dans la région
montréalaise, avec ses deux soeurs aînées, un
père souvent absent et une mère qui souffrait de
problèmes de santé mentale. «Je sais que
ça a continué après l'accident, et mes soeurs
m'ont dit que ça avait commencé avant l'accident.
C'est pour ça, je pense, que je voulais mourir.»
«Ça», ce sont les agressions sexuelles que sa
mère a commises sur ses trois enfants. Des attouchements,
des séances de masturbation. «Juste de voir ma
mère se masturber devant moi, c'était une agression.
Elle me disait : viens ici! J'y allais. Avec l'accident, j'avais
besoin de ma mère. Elle en a profité.»
Après avoir quitté la maison, il pensait avoir mis
ses horribles souvenirs derrière lui. Jusqu'à ce que
le vase déborde l'an dernier. Il est entré en contact
avec CRIPHASE, le Centre de ressources et d'intervention pour
hommes abusés sexuellement dans leur
enfance.
Benoît St-Jean, sexologue et intervenant à
CRIPHASE, ne voit pas énormément d'hommes victimes de
femmes. Selon les statistiques officielles, la proportion
«d'agresseuses» serait de 2 à 5 %. Certaines
études évaluent par contre que cette proportion
pourrait grimper à 15 ou 20 %.» Ce qui est
rapporté ne reflète pas la
réalité», affirme M. St-Jean.
Les effets d'une agression sexuelle par un homme ou une femme sont
les mêmes : honte, culpabilité, dévalorisation,
difficulté de faire confiance à autrui. Mais hommes
et femmes ne réagissent pas de la même
façon.
«Quand ma soeur a eu ses enfants, raconte Jean, elle ne
voulait pas laver leurs parties génitales. Elle ne voulait
pas faire à son gars ce que sa mère lui avait fait.
Moi, c'était le contraire. Je ne voulais pas que sa
mère lave ma fille. Je la lavais, et je savais
jusqu'où je pouvais aller.»
Qui sont-elles?
Monique Tardif, psychologue
clinicienne au Centre de psychiatrie légale de l'Institut
Philippe-Pinel, s'est penchée sur ces femmes qui commettent
des agressions sexuelles. Elles ne sont pas nombreuses : depuis
1987, Mme Tardif a rencontré 20 femmes et 20 adolescentes
qui lui étaient référées pour des
agressions sexuelles. À cause de ce petit nombre, dit-elle,
il est très difficile de mener des études sur leur
cas.
Mais tout ça pourrait changer. «Il y a beaucoup moins
de tabous à propos des agressions sexuelles et des gens qui
en sont victimes», dit Monique Tardif. Moins de tabous, plus
de signalements, y compris des femmes agresseurs.
Jean et ses soeurs ont d'ailleurs dénoncé leur
mère une première fois en 1986. Ils sont allés
voir les policiers, qui ont écouté leurs plaintes,
mais qui n'ont rien fait. «Ils ont dit que, vu qu'elle
était maniacodépressive, la cause n'irait pas
très loin, elle ne serait jamais
condamnée.»
L'histoire judiciaire retient surtout des cas d'enseignantes ou de
gardiennes, ou de femmes qui ont agi avec un homme pour commettre
l'agression. Pourtant, ce que la psychologue voit le plus souvent,
ce sont des mères qui agressent leurs propres enfants. Les
mères s'attaquent le plus souvent à leurs jeunes
enfants, âgés de moins de 6 ans.
Attouchements, pénétration digitale
ou avec objets, agressions physiques liées à des
attouchements sexuels (comme celui d'utiliser l'enfant lors de la
masturbation), contacts oraux et génitaux. Ces mères
n'agressent pas plus souvent leurs fils que leurs filles, a
observé Mme Tardif. « Elles ont des problèmes
avec leur propre enfant, ce que ça exige. Elles voient
l'enfant comme une menace à leur couple. Elles veulent
être l'objet d'affection, alors que c'est l'enfant qui en a
besoin, et qui en demande constamment.»
Certaines agissent avec agressivité, animées par un
esprit de revanche. Des mères qui, par exemple, croient que
leur fille attire trop l'attention de leur mari. Des mères
qui, totalement sous la domination d'un homme, vont vouloir dominer
outrageusement leur enfant. Ou accepteront d'agresser en couple un
enfant. Des mères qui abuseront pour punir l'enfant.
Plusieurs, enfin, souffrent de troubles de la personnalité.
Une bonne proportion d'entre elles font partie des
«états limites» (personnalité
borderline), plus souvent que chez les hommes, dit Mme
Tardif.
Il y a aussi celles qui se servent allègrement de l'arme de
la séduction et de l'ascendant qu'elles ont sur un jeune
pour en abuser. Le cas des enseignantes qui abusent de leurs
élèves est probant, selon Mme Tardif.
«L'immaturité du jeune les réconforte,
dit-elle. S'il n'y avait pas un déséquilibre dans le
rapport, il ne serait pas si intéressant que ça. Il
peut y avoir aussi une dimension de séduction
extrêmement forte entre un enseignant et son
élève qui va l'aduler.»
Benoît St-Jean se souvient d'un adolescent de 13 ans qu'une
femme avait convaincu de quitter sa famille pour vivre avec elle.
«Elle le droguait, elle lui a reflété une
réalité qui n'était pas, lui disant qu'il
était déjà un homme, qu'il pouvait le faire,
alors qu'il n'était qu'un adolescent.» Elle l'a
abandonné après être tombée enceinte. Il
avait 16 ans. «Je le vois aujourd'hui en consultation
privée, dit-il. Il a énormément de
problèmes d'estime de soi, en plus de problèmes de
drogue.»
Quand elles se retrouvent devant la psychologue, ces femmes
reconnaissent les gestes sexuels faits, mais, tout comme les hommes
agresseurs, elles ont tendance à en minimiser la
portée. Elles diront qu'elles étaient
fâchées, qu'elles voulaient punir l'enfant.
«Mais de dire : j'ai un plaisir sexuel, j'ai des fantasmes,
ça, elles ne le diront pas, explique Monique Tardif. Il y a
sûrement une dimension de plaisir, sinon elles feraient
uniquement des agressions physiques.»
Aujourd'hui, Jean suit sa thérapie. Il a cessé de
travailler il y a quelques mois, le temps de faire le ménage
dans sa tête.
Ses parents vivent encore ensemble, et il lui arrive même de
les voir à l'occasion. Il n'a pas l'intention de retourner
devant la justice pour faire condamner sa mère. À
quoi bon? se dit-il. L'important pour lui, est maintenant de
trouver une paix intérieure.
*Le véritable prénom de Jean a été
changé pour protéger l'identité de sa
famille.
Stéphane Alarie, Brigitte McCann et Gabrielle
Duchaine
Journal de Montréal
Photo Raynald Leblanc
Un des prédateurs démasqués s’apprête
à entrer dans l’appartement, où il espère
obtenir des contacts sexuels avec une fille de 12 ans
rencontrée sur Internet. Dans un instant, l’équipe
du Journal sortira de la salle de bain et viendra le
questionner.
Un nombre effarant de prédateurs sexuels écument les
sites Internet préférés des jeunes
Québécois afin d'y traquer des petites victimes,
démontre une enquête du Journal de Montréal qui a
permis de prendre à leur propre piège quatre
pédophiles.
C'est avec une facilité déconcertante que nos trois
reporters ont pu surprendre ces individus qui cherchaient à
obtenir des contacts sexuels avec des enfants.
Au cours des dernières semaines, il nous a d'ailleurs suffide
personnifier des internautes de 11, 12 et 13 ans sur divers sites
interactifs pour être vite assaillis de propositions
indécentes et éventuellement criminelles.
«Je peux te montrer bien des choses sur le sexe, sans te
forcer non plus. Je serais très doux avec toi comme je l'ai
été avec l'autre», a par exemple glissé Pierre
(nom fictif), 40 ans, à l'intention de Callie, 12
ans.
«Veux-tu que je te fasse un tour de char contre une... (acte
sexuel)», a aussi suggéré Charles (nom fictif), 24
ans, à Aurélie, 13 ans.
Peu de parents le savent, mais il suffit parfois de quelques
minutes en ligne pour que des adultes ciblent un enfant et
déversent sur lui les pires grossièretés (voir
autres textes).
Leurre
Le nombre de cas de leurre d'enfant par ordinateur a d'ailleurs
explosé depuis 2005 au Québec.
En moyenne, chaque fois que les jeunes filles personnifiées
par nos journalistes se branchaient sur Internet, elles recevaient
cinq avances de nature sexuelle.
Tout y est passé: exhibitionnisme et séances de
masturbation en direct avec une webcam, invitations à poser
des gestes dégradants, incitations à produire des
photographies osées, distribution de matériel
pornographique. Certains propos et certains gestes ont
été à ce point dégoûtants que nous ne
pouvons en faire mention.
Des prédateurs
«agressifs»
Certains pédophiles se sont aussi montrés si
«agressifs» qu'ils ont proposé très rapidement
aux enfants de quitter le monde virtuel et de les rencontrer en
personne.
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Parfois très directs dans leur approche, parfois paternels et
enjôleurs, les prédateurs utilisent de nombreux
subterfuges, avons-nous observé. Plusieurs n'hésitent pas
à offrir drogue et alcool à leur nouvelle
protégée dans l'espoir d'obtenir des faveurs
sexuelles.
--
Plus d'une demi-douzaine d'hommes âgés de 20 à 44
ans ont ainsi fixé un rendez-vous à l'une ou l'autre des
jeunes filles personnifiées par nos reporters.
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Trois individus se sont tour à tour présentés chez
la jeune internaute qu'il croyait avoir séduite. Un autre a
poussé l'audace jusqu'à envoyer un taxi chercher une
jeune fille de 13 ans.
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Face à nos journalistes, les prédateurs ont nié,
puis tenté de jouer à la victime ou de rejeter la faute
sur l'enfant.
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«Sur Internet, c'est plus ouvert, plus facile de parler de
sexe. Je voulais juste voir jusqu'où j'irais», a
expliqué un des types.
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«T'sais, il y a toujours des filles qui aiment les gars plus
vieux. Une petite fille de 12 ans, c'est fort pas mal, là.
Mais... la fille, tu l'invites à venir te voir, tu lui tords
pas un bras, là», a avancé un autre.
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Un des prédateurs a dit être dépressif, se sentir
seul et se tourner vers les jeunes sur Internet lorsqu'il n'a plus
les moyens de se payer une prostituée.
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Avis à nos lecteurs
Le Journal de Montréal tient à informer ses lecteurs que
certains passages du reportage de ce matin peuvent être
choquants en raison du langage parfois sexuellement
explicite.
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Si nous avons conservés certains extraits, c'est parce que
nous jugeons qu'ils seront utiles aux parents pour mieux comprendre
et éviter les pièges que les prédateurs sexuels
tendent à leurs enfants sur Internet.
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Nous pensons qu'il est essentiel pour les parents de lire ce
dossier qui commence aujourd'hui. Peu d'entre nous -- incluant
notre équipe qui a réalisé ce reportage--ont pu se
douter du danger que peut représenter Internet pour des
enfants laissés sans supervision devant un écran
d'ordinateur.
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Eux-mêmes des parents avec de jeunes enfants dans certains
cas, nos reporters ont constaté avec stupeur le nombre
inquiétant de prédateurs qui essaient de charmer et de
rencontrer des enfants grâce à internet.
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Tout au long de la semaine, nous vous livrerons tous les conseils
de prévention que nous avons pu recueillir auprès des
experts.
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Dossier pédophile: entrevue avec Stéphane
Alarie
Rencontre avec Stéphane Alarie qui nous parle de son
enquête-choc sur les pédophiles!
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